Entrevue
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écrit par Karina Durand
photos par Debby Termonia
Avec Le Songe d’une nuit d’été, Jean-Michel d’Hoop revisite le célèbre classique de Shakespeare dans une comédie théâtrale où se mêlent poésie, forêts magiques et marionnettes géantes. Or, dans les coulisses de cette production féerique se cache une impressionnante mécanique logistique qui accompagne le spectacle partout où il est présenté à travers le monde. Rencontre avec le metteur en scène de cette œuvre audacieuse.
Alors que quatre jeunes amants fuient la cour d’Athènes, la nuit transforme les bois en un labyrinthe vivant, peuplé de fées et d’étranges créatures animées par la fougue amoureuse. Portée par neuf comédiens de talent et quinze marionnettes à taille humaine, cette adaptation modernisée du Songe d’une nuit d’été célèbre les pouvoirs de l’imagination et explore avec humour la question très actuelle des identités de genre.
« La marionnette offre un terrain de jeu formidable, puisqu’elle permet la multiplicité des identités, grâce à la présence des personnes qui les manipulent et des doubles que cela suppose. C’est une pièce à la fois touchante et très amusante dans laquelle le bonheur de faire du théâtre se ressent », lance Jean-Michel d’Hoop, qui signe avec doigté la mise en scène du spectacle.
S’ils contribuent largement à surprendre et à charmer les spectateurs et spectatrices, les marionnettes à taille humaine de même que les décors enchanteurs qui donnent vie à cette version du Songe d’une nuit d’été représentent un défi de taille à transporter. Venu de Belgique, le spectacle, qui connaît un succès retentissant partout où il passe, s’est produit en Chine, en France, en Suisse, au Luxembourg et s’arrêtera cet automne au Québec.
En plus de mobiliser plusieurs intervenants, chaque déplacement doit être planifié avec rigueur.
« Les marionnettes, les décors, les costumes et les équipements doivent être démontés et emballés avec soin. Plusieurs éléments exigent des caisses de transport conçues sur mesure afin de bien les protéger. Tous les morceaux doivent arriver à destination dans un état impeccable pour préserver l’intégrité du spectacle », explique Jean-Michel d’Hoop.
Chaque salle de spectacle est différente et possède ses propres contraintes techniques. L’équipe doit constamment s’adapter aux lieux qui l’accueillent afin de recréer le même univers scénique. Une fois sur place, des heures de montage sont donc nécessaires pour assembler les marionnettes, installer les décors et préparer chaque représentation.
« Il faut parfois faire preuve de créativité afin d’adapter des éléments à la réalité de l’endroit où on présente. Si des morceaux se sont brisés en cours de route, on a ce qu’il faut dans les valises pour bricoler! », poursuit le metteur en scène.
Permis de travail, visas, droits d’auteur, réglementations propres à chaque pays… tout cela doit être pris en compte lors de la planification d’une tournée internationale. L’élaboration du calendrier constitue également un exercice complexe, puisqu’il faut coordonner les déplacements, les montages et les représentations tout en limitant les périodes d’inactivité de l’équipe. Jean-Michel d’Hoop souligne d’ailleurs l’importance du soutien de Wallonie-Bruxelles International et du Théâtre des Casteliers (diffuseur spécialisé de Montréal), des partenaires essentiels au rayonnement du spectacle à travers le monde.
« Faire voyager une création de cette envergure n’est possible qu’avec une longue préparation et des mois de travail de plusieurs collaborateurs dévoués », conclut-il.
Lorsque les lumières s’éteignent et que les marionnettes s’animent devant un public émerveillé, tous ces efforts déployés en amont deviennent alors invisibles. Et c’est à ce moment que la magie du théâtre opère.
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nov. 26Théâtre Alphonse-Desjardins