Entrevue
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Pour son sixième spectacle solo, le raconteur — et biologiste, océanographe, animateur, humoriste, alouette ! — Boucar Diouf décortique la cohabitation tout à fait unique entre l’humain et ses animaux de compagnie favoris : le chat et le chien. Entretien sur le sujet avec un véritable passionné.
écrit par Virginie Landry
photos par Caroline Roy
Tu as enchaîné plutôt rapidement tes deux derniers spectacles, Nomo Sapiens (présenté 10 fois à L’Assomption lors de sa dernière tournée, toujours à salles combles !) et Trois prédateurs et un bungalow, actuellement en rodage. N’avais-tu pas besoin d’une pause ?
C’est toujours comme ça : quand je suis en train de faire un spectacle, je réfléchis déjà au suivant. À mon avis, créer le spectacle est aussi agréable que de le présenter. C’est un travail intellectuel intense que j’aime, car mon cerveau est hyperactif.
Dans ton nouveau spectacle, tu explores notre cohabitation avec le chat et le chien. Qu’allons-nous apprendre ?
C’est un sujet énorme. J’essaie d’expliquer comment les humains sont arrivés à inviter deux animaux sauvages dans leur maison pour les domestiquer. Au-delà de la blague, j’avais envie de faire réfléchir les gens, de les toucher droit au cœur.
Tous mes spectacles sont des cours d’un nouveau genre, très humoristiques, rien de moralisant. J’appelle ça de la pédagogie « boucarienne ». D’ailleurs, on me dit souvent qu’on aurait aimé m’avoir comme professeur. [Note : Boucar a enseigné pendant 8 ans à l’Université du Québec à Rimouski.]
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juin 26Théâtre Alphonse-Desjardins
Quelle est ta relation avec les animaux?
C’est la tendresse! Je suis quelqu’un qui a grandi avec les animaux, j’ai été éduqué par eux. Jusqu’à 17 ans, je promenais le troupeau de mon père [au Sénégal]. Ce que je suis devenu, je le dois aux vaches. Ma vie a été tracée par l’animal et le végétal, c’est pour cela que je suis devenu biologiste.
«Ma créativité me vient des vaches. J’ai raconté aux vaches mes premières blagues, je leur ai également enseigné. J’ai révisé mes textes avec elles.»
Tu utilises l’humour comme outil pédagogique et, visiblement, ça marche. Certaines dates de ta tournée sont déjà complètes. Qu’est-ce que tu crois que les gens aiment à propos de ton genre d’humour?
C’est la quête de l’émerveillement, c’est emprunter des chemins qui ne leur sont pas familiers. Il y a une niche pour ce que je propose. Quand je suis entré dans le monde de l’humour, je me suis demandé : « Qu’est-ce qui me passionne réellement? » C’est vulgariser la science, l’apporter sur scène. Il y a un public qui aime ça, oui, puisque je remplis toujours mes salles. Je me sens béni des dieux.
Après Nomo Sapiens, tu as mentionné que ton prochain spectacle serait probablement le dernier. Est-ce que Trois prédateurs dans ton bungalow est ton au revoir au public?
Je ne sais pas vraiment! Je n’ai pas une énorme santé physique, j’ai des douleurs chroniques. Je ne sais jamais quand la nature va me dire que c’est mon dernier, mais j’avoue que je caresse l’idée d’un ultime spectacle sur le thème des fleurs. Ce serait plus poétique qu’humoristique : j’y parlerais de l’évolution de la fleur dans nos vies. Peut-être qu’il faudra que je le fasse assis!